Emmanuel Macron a annoncé ce jeudi 27 novembre la réouverture du service militaire, pour l’instant sur la base du « volontariat » (sans exclure qu’il puisse devenir obligatoire « en cas de crise majeure ») : un service de 10 mois qui concernerait les jeunes de 18 et 19 ans, 3 000 jeunes dès 2026 et 50 000 jeunes à terme dans 10 ans en 2035.
Après le discours du général Mandon, chef d’état-major des armées, nous invitant à accepter de « perdre ses enfants », la mise en place de ce service militaire résonne comme un nouveau pas dans la marche guerrière de nos gouvernements. Par ailleurs, il annonce doubler le nombre de professionnels de la réserve militaire (de 45 000 aujourd’hui à 80 000 d’ici 2030).
Nos dirigeants capitalistes agitent les peurs, leurs dernières cartes pour nous faire accepter leurs politiques de privations et de restrictions des libertés, et pour développer l’industrie de l’armement, poule aux œufs d’or des marchands de canon (la France est le 2ème ou 3ème exportateur de matériel militaire).
S’engager pour la « patrie » ?
Dans son discours de Varces ce jeudi 27 novembre, Macron exalte une jeunesse « fière de vibrer au son de la Marseillaise » et « prête à se lever pour la patrie ». Mais quelle patrie défend-il ?
Celle où l’on ferme des hôpitaux, démantèle l’école, détruit l’industrie, licencie massivement et vend nos capacités productives aux intérêts privés.
Le patriotisme qu’il prêche est celui de l’exploitation, de la répression et de la guerre.
Défendre la patrie, c’est défendre au contraire les intérêts du peuple. C’est :
- la souveraineté industrielle, alimentaire
- la nationalisation des groupes stratégiques et la fin des groupes capitalistes privées
- la satisfaction des besoins du peuple : santé, éducation, travail, logement.
Défendre la « patrie », c’est défendre la paix
Le patriotisme concret, ce n’est pas mourir pour les guerres des puissants qui cherchent, encore et toujours, à contrôler les matières premières et étendre leurs zones d’influence économique, c’est combattre les impérialistes qui désindustrialisent et paupérisent notre pays de l’intérieur, et qui pillent et esclavagisent les pays moins développés, y compris à l’est de l’Europe, et les peuples du Sud global.
Non à l’embrigadement de la jeunesse !
Face à la crise systémique du système capitaliste, qui n’offre comme perspective d’avenir à la jeunesse que chômage de masse structurel, petits boulots sous-payés et précaires et accès au logement de plus en plus difficile, Macron pense que le « volontariat » va fonctionner, quand bien même il n’offre qu’une solde de misère (800 euros, à peine la moitié d’un SMIC).
Mais il veut s’assurer d’un matraquage idéologique permanent : l’Education Nationale est appelée à mieux accompagner « l’envie de servir », avec la mise en place sur la durée à l’école de « classes de défense et de sécurité » en partenariat avec des unités militaires ; avec l’obligation de faire participer les élèves à au moins une cérémonie commémorative par an (qui, on sans doute, ne sera pas une cérémonie d’hommage aux tirailleurs africains ou aux massacrés du 17 octobre 1961….) ; avec l’incitation à faire les stages de seconde au sein des armées (!) ; et, enfin, avec la transformation de l’actuelle « Journée Défense Citoyenneté » en « Journée de mobilisation » !
La seule mobilisation qui vaille, c’est pour la paix et contre la marche à la guerre !

