Communiqué de l’URC Nord du 22 février 2026
La mort du militant fasciste Quentin Deranque la semaine dernière a fait entrer la France dans une nouvelle séquence de son processus de fascisation. La violence de rue, la terreur contre le mouvement social provoquée par les milices fascistes en est une des manifestations qui a ici trouvé une conclusion tragique. Mais il n’est que la concrétisation d’une dynamique politique que nous dénonçons depuis maintenant trop longtemps.
La propagande fasciste autour de cet évènement a été reprise telle quelle par les médias bourgeois, qui ont relayé le narratif mensonger présentant les antifascistes comme les auteurs de violence en général. Les forces politiques qui défendent le néo-libéralisme fascisant, du RN au PS en passant par le gouvernement Macron, ont toutes relayée ces média-mensonges, jusqu’à organiser un honteux hommage à l’Assemblée nationale en cherchant à dépolitiser la figure de Quentin Deraque.
La réalité politique de notre pays, c’est pourtant bien la massification de milices fascistes violentes, de plus en plus organisées et armées, contre lesquelles l’Etat ne fait rien. Cette réalité, nous la connaissons bien dans le Nord, comme en témoigne l’existence il y a encore quelques années, dans le centre de Lille, du bar fasciste La Citadelle, que la mobilisation populaire a forcé à fermer. La galaxie fasciste lilloise s’est illustré par de nombreux faits de violences, parfois mortels si l’on songe aux noyés de la Deûle. Depuis le début de cette année 2026, le Centre Culturel Libertaire a été attaqué, tout comme plusieurs bars identifiés à gauche et par deux fois le Centre LGBTQIA+ et féministe J’en Suis J’y Reste.
Nous avons bien sûr aussi une pensée pour Djamel Bendjaballah, assassiné près de Dunkerque par un activiste d’extrême-droite en août 2024.
Face à cette fascisation accélérée, notre camp social, dans sa diversité, résiste. Dans le contexte actuel, la cible principale de la bourgeoisie française est claire : c’est la France Insoumise, qui représente sur le plan politique une gauche de rupture, antilibérale, antiraciste et anti-impérialiste, et surtout, non pas une petite force de témoignage, que l’on peut contourner ou ignorer, mais objectivement un grand mouvement de masse, capable de peser dans le pays. C’est pourquoi tous ceux qui défendent le capitalisme en crise et en voie de fascisation l’ont désigné comme leur ennemi principal, la digue à abattre.
Depuis la semaine dernière, la permanence lilloise du député Aurélien Le Coq a été attaquée, et notre candidate aux municipales à Lille, Lahouaria Addouche, a reçu des menaces et insultes racistes. Nous leur apportons évidemment notre solidarité active, comme à tous les autres candidats cibles de la fachosphère.
Mais ne nous y trompons pas, tous ces évènements ne sont pas un hasard. A un an d’élections présidentielles où notre camp social et politique peut être aux portes du pouvoir, la bourgeoisie a bien compris que le capitalisme en crise ne peut aboutir qu’à deux issues : soit la barbarie fasciste, option de plus en plus plausible à ses yeux, soit la rupture avec le capitalisme néo-libéral et le début d’un processus politique d’avancée vers le socialisme.
Dans ce contexte, nous devons faire bloc, garder la tête froide, et continuer notre travail de constitution d’un front de résistance au fascisme, autour des revendications de la classe travailleuse, sur des bases anti-libérales, anti-racistes et anti-impérialistes. Les batailles électorales actuelles portées par la France Insoumise en sont une expression, et nous y contribuons. Si tout ne se joue pas sur le terrain électoral, loin s’en faut, nous ne laissons pas cependant ce terrain-là à l’adversaire de classe. Parce qu’il faut renforcer les digues de résistance et non pas les affaiblir, parce que derrière nous se trouve le gouffre de la réaction, il nous faut avancer, sans reculer, en rangs serrés !
Face à la montée des violences fascistes en France, dans le Nord et à Lille :
Unité populaire pour les victoires futures !


