Communiqué de la section Nord de l’URC
Ce jeudi 15 janvier dans la soirée, le Centre Culturel Libertaire a subi une agression fasciste. Celle-ci, manifestement planifiée, s’ajoute à une succession d’actes, plus ou moins revendiqués, qui témoignent de l’impact concret, dans nos rues et dans nos vie, de l’avancée du fascisme en France. Nous apportons notre solidarité aux victimes, et condamnons avec fermeté cette attaque.
Le capitalisme en crise, incapable de résoudre ses contradictions, se tourne progressivement vers la seule option qui lui permette de maintenir sa domination sur toutes celles et ceux qu’il exploite. Pour contrer l’inévitable marche vers le socialisme, la bourgeoisie est en passe de choisir le fascisme pour maintenir son pouvoir d’État.
Ce processus de fascisation, nous l’avons constaté depuis plusieurs décennies. Mais il s’accélère. A l’intérieur, l’intensification du racisme d’État, islamophobe en particulier, et la répression des mouvements sociaux par une milice policière de plus en plus violente, en sont les témoignages. A l’international, cela se manifeste par le renouveau des offensives impérialistes, récemment en Palestine, au Liban, en Iran, au Venezuela. L’impérialisme français, profondément remis en cause par divers processus nationaux, en Afrique de l’Ouest notamment, y répond par un ralliement toujours plus assumé aux plans de reconquêtes du monde des USA.
Le mouvement communiste international a été précurseur dans l’analyse du fascisme. Au-delà de sa forme, de ses manifestations différenciées dans l’histoire, il faut comprendre son fond : le fascisme, c’est « la dictature terroriste ouverte des éléments les plus réactionnaires, les plus chauvins, les plus impérialistes du capital financier ». La lutte antifasciste ne peut donc qu’être une lutte contre le capitalisme, qui mène tendanciellement toujours à la fascisation. Cette lutte antifasciste doit se mener sur tous les terrains : idéologiques, politiques, économiques, etc.
Sur le plan électoral également, nous devons défendre des politiques de gauche de rupture, pour faire reculer à la fois les fascistes et la fausse-gauche socialiste qui, par ses renoncements, cautionne l’avancée des idées réactionnaires. Le processus de fascisation est en effet fondamentalement dépendant de l’action du pouvoir d’État. Le fascisme de rue, qui s’est manifesté cette semaine à Lille, ne peut prospérer que parce qu’il est toléré et encouragé par l’absence de réactions de nos dirigeants.
Lille a par le passé montré sa capacité d’action antifasciste, par exemple lors de la campagne contre le bar La Citadelle. Nous devons continuer de nous mobiliser, par tous les moyens nécessaires, pour faire reculer nos ennemis de classe que sont les organisations fascistes. Le passé des communistes dans ce combat est glorieux. C’est par exemple par les communistes allemands qu’avait été fondée la première « Action Antifasciste » dans les années 1930. Aujourd’hui encore, nous devons nous organiser pour lutter contre le fascisme, c’est à dire pour mener la lutte des classes.
Le racisme, ça se combat, le fascisme ça s’écrase. Plus un seul pas en arrière !
