Article issu de En Avant n°3, Bulletin de l’URC Paris-IDF
La Régie Autonome des Transports Parisiens (RATP), opérateur historique des transports en Île-de-France, met en œuvre l’ouverture à la concurrence, c’est à dire une privatisation rampante. Ce processus, qui s’accompagne d’une répression antisyndicale à la RATP comme à la SNCF, découle de la loi d’orientation des mobilités (LOM) de 2019 et des directives européennes visant à libéraliser les marchés de transport public.
De quoi parle-t-on ?
Il s’agit ici d’une mise en concurrence des contrats d’exploitation pour les bus, trams, métros et RER en Île-de-France, gérée par Île-de-France Mobilités (IDFM) sous l’autorité de la présidente de la région Ile de France, Valérie Pécresse.
Pour les trams et les métros, l’ouverture à la concurrence a été enclenchée dès 2023. Les RER A et B seront concernés en 2039.
En 2026, l’année sera décisive avec l’achèvement de la phase bus. En effet, pour les bus parisiens et de petite couronne, le réseau est découpé en 12 lots, avec une ouverture échelonnée de novembre 2024 à novembre 2026.
En 2025, plusieurs attributions ont en effet été annoncées : Transdev a remporté un marché de 100 millions d’euros annuels pour deux dépôts et 19 lignes dès mai 2026.
La RATP a ainsi perdu 37 lignes au profit d’opérateurs privés comme Transdev, Keolis (filiale de la SNCF…) ou d’autres. Par ailleurs, treize entreprises privées remplaceront progressivement la RATP sur ces segments entre novembre 2025 et novembre 2026.
À la clef de ce pillage des biens du Peuple, une désorganisation du réseau à venir et une hausse des tarifs pour les usagers, à l’image des autoroutes privatisées ou encore de la dislocation organisée d’EDF-GDF.
Que dit la CGT ?
La CGT RATP s’oppose fermement à cette ouverture, la qualifiant de « privatisation qui ne dit pas son nom » et de « démantèlement du service public », alerte sur un « dumping social organisé », avec dégradation des conditions de travail, précarisation des emplois et réduction de la maintenance, impactant la qualité du service pour les usagers.
En 2026, la CGT annonce une « année de lutte » pour stopper le processus, exigeant un référendum et la suspension du processus d’ouverture à la concurrence. Le syndicat défend ainsi un service public unifié, fiable et accessible, contre une logique de profit qui ne pourra qu’aggraver les conditions, déjà difficiles, de transport en commun des Franciliens.
Les Communistes pour le monopole public
Les Communistes en Ile de France refusent la privatisation de la RATP et prônent une logique inverse : rompre avec la politique de libéralisation imposée par l’Etat avec la complicité active de l’Union européenne.
Le transport, comme d’autres secteurs fondamentaux (logement, énergie, santé…) doivent impérativement être extraits des griffes du marché capitaliste. Cela passe nécessairement par une rupture politique qui priorise les besoins de la population et les intérêts des travailleurs et des travailleuses au détriment de la petite caste parasite qui contrôle politiquement et économiquement notre pays.
C’est pourquoi la RATP, comme la SNCF, doivent être des monopoles publics dirigés par des conseils de travailleurs et travailleuses.
Cette rupture, avec le Capital, l’Etat, l’UE, passe aussi par une socialisation de l’ensemble de l’économie, placée sous la direction des travailleurs et des usagers et débarrassée de l’exploitation capitaliste et de la recherche du profit.

