Sous réserve d’une analyse plus complète, le 2ème tour des municipales vient confirmer le 1er sur au moins deux points : l’abstention record, qui marque un renoncement objectif des électeurs à se prononcer par le vote, et la poussée de l’extrême droite, qui conquiert notamment plusieurs dizaines de villes moyennes.
Autre enseignement : le barrage anti- LFI produit des résultats mortifères pour celles et ceux qui veulent une alternative au système et non pas seulement une alternance.
Cette alliance de fait entre vraie droite et fausse gauche est d’autant plus dangereuse qu’elle a deux effets pervers :
- D’une part elle tente d’imposer l’idée qu’une alliance hétéroclite de centre-gauche est le seul rempart électoral à la droite extrême.
- D’autre part elle se pose en recours possible parce que « raisonnable » face à la politique du gouvernement Macron qui subit un rejet objectif : les plus cuisantes défaites étant sans conteste celles de Dati à Paris et de Bayrou à Pau.
Nous devons à la vérité de dire que les résultats sont contrastés d’autant que, même là où des forces progressistes ont gagné, elles l’ont fait souvent sur la base d’engagements locaux et en tenant à distance les grands enjeux qui attendent le peuple de France en commençant par celui de la course à la guerre.
Dans ce contexte, il serait fou d’avoir d’ores et déjà le regard tourné vers les présidentielles, ce qui semblait être bien trop souvent le cas ce dimanche soir dans les commentaires, comme si elles constituaient LA réponse aux maux de celles et ceux qui souffrent.
Si les élections constituent un moment du débat et de choix politiques, elles ne doivent pas pousser à l’attentisme, sous peine que sous les doubles effets des développements internationaux et de l’aggravation des mesures anti-sociales, le peuple de France et en particulier celles et ceux qui souffrent le plus du système capitaliste, soient encore plus nombreuses et nombreux à rejeter toute expression électorale, voire pire, se jettent dans les bras démagogiques de l’extrême droite.
Sans attendre, aidons partout, au développement des luttes pour la satisfaction des besoins sociaux, contre l’économie de guerre et pour la paix.


