Aujourd’hui comme hier en Amérique Latine, plus que jamais: No pasarán !

Le cycle des élections présidentielles se termine en Amérique Latine, lentes à déboucher sur des résultats officiels, en particulier à cause des coude à coude de second tour, au Pérou et en Colombie. Dans les deux cas, c’est le candidat pro-impérialiste qui gagne (Abelardo de la Espriella en Colombie, Keiko Fujimori au Pérou), complétant la liste des nouveaux présidents fascistoïdes du sous-continent: Milei en Argentine, Kast au Chili, Paz en Bolivie, Noboa en Equateur.

L’ombre du pinochetisme s’abat donc désormais sur l’ensemble du pré-carré colonial US, au moment où Trump mène ses campagnes de déstabilisation au Nord, à coup de bombes au Venezuela voire sous la forme d’un blocus génocidaire à Cuba, assorti d’une menace d’invasion directe, assumant clairement la mise à jour de la doctrine coloniale Monroe.

Malgré le “multipartisme démocratique” affiché des systèmes latino-américains encore sous contrôle, la crise généralisée du système impérialiste, qui multiplie les guerres partout ailleurs, cherche à renforcer l’emprise US dans leur pré-carré historique. Harcèlement et terrorisme assumé contre le Venezuela et Cuba, menaces sur le Nicaragua, déstabilisation et guerre de propagande partout où il est possible de reprendre la main à moindre coût.

Quand l’indépendance nationale, la souveraineté alimentaire et énergétique, la planification étatique sont de plus en plus cruciales pour les peuples opprimés, ces politiques sont diabolisées à l’extrême, dans un contexte d’exacerbation médiatique de thèmes bien connus: “l’immigration”, “l’insécurité”, “les impôts et l’Etat”.

On travaille à la mobilisation maximale des bourgeoisies et des “déçus” de présidences de gauche au bilan compliqué par le harcèlement économique US, la division, parfois, des forces antilibérales et anti impérialistes, les opposants ultralibéraux, racistes, antisyndicaux, sionistes et pro-impérialistes. Par les urnes ou par la répression directe (voire par les deux quand les masses se soulèvent contre le président fasciste élu en Bolivie), la reprise en main du sous-continent semble inexorable.

On ne peut cependant comparer notre époque aux précédentes vagues de fascisme qui ont noirci le ciel latino-américain dans les années 70 et 80. La marche à la guerre mondiale de la chaîne impérialiste encore dirigée par les USA est, en effet, le symptôme de sa décadence, démasquée par sa récente défaite face à l’Iran notamment. Les prises de pouvoir fasciste ne se déroulent plus sous la forme de putschs militaires, mais dans un cadre électoral qui complique les plans de l’option fasciste ouverte (même si ces plans de répressions anti-syndicales et anti-populaires sont toujours au programme). Et face à eux, comme on le voit en Bolivie aujourd’hui, les peuples restent mobilisés, combatifs et déterminés.

Nos médias cherchent à minorer le caractère fasciste de ces nouveaux présidents, évitent de pointer leur parti-pris ultralibéral servant avant tout les intérêts de Washington, leur soutien ouvert et admiratif au sionisme génocidaire, qui est une forme de fascisme en soi, leur programme de répression des syndicats et organisations paysannes et indigènes. Ce sont des agents fascistes en position de force désormais dans tous ces pays. Mais nous savons que l’histoire ne s’arrête pas là, et que les masses et les classes qui la font, ne désarmeront pas, ni sur le front des luttes, des grèves, ni sur le front électoral, toujours crucial comme on le voit.

Pour autant, l’Amérique Latine nous donne ici un aperçu des modes de prises du pouvoir multiformes du fascisme par la voie des urnes. “Grand remplacement”, ultralibéralisme et destruction de toutes les conquêtes sociales, division de la classe ouvrière par une idéologie suprématiste blanche, raciste, sioniste, anticommuniste, etc.

Face à ces offensives, le front électoral reste un enjeu crucial, dans lequel, c’est ce qu’on observe en Amérique Latine, les partis bourgeois “institutionnels” perdent en crédibilité et le fossé se creuse entre des coalitions de rupture à caractère antifasciste et des candidats fascistes totalement décomplexés. Si les victoires de Milei ou de Katz sont franches et nette face à des coalitions larges à caractère “social-démocrate”, de type “barrage” (même quand la coalition est conduite par une candidate désignée comme “communiste” au Chili), elles sont beaucoup plus difficiles face à des fronts réels, antifascistes de rupture, à caractère clairement anti-impérialiste, comme au Pérou, en Équateur, au Honduras et en Colombie. 

Même dans cette série d’élections, on sent que le contexte n’est pas le même entre les défaites de la “gauche” au Chili et en Argentine, (où sociaux-libéraux, libéraux, “centristes” figuraient) et celles, très relatives, qu’on vient d’observer au Honduras, en Équateur, en Bolivie, au Pérou et en Colombie. Au Pérou, le front antifasciste représentait toutes les forces populaires antifascistes, syndicales, communistes, sociales-démocrates de gauche, paysannes, excluant le centre (et les trotskistes restés dans le ni-ni). La situation est globalement similaire en Colombie, ou le front intègre les communistes, les pétristes, les mouvements paysans, syndicaux et indigènes, les “centristes” et autres “libéraux” (comme les trotskistes) restant globalement extérieurs.

Cette double séquence d’échecs montre donc que la lutte antifasciste, même sous sa forme électorale, reste centrale, mais qu’une lutte de classe conséquente, excluant les sociaux-libéraux et autres centristes, reste la seule voie juste, face aux “barrages” hétéroclites et sans avenir. Aucun front antifasciste ne peut contenir en son sein des partis bourgeois qui ont contribué à la montée du fascisme par leurs politiques antérieures.

Nous, communistes de l’URC, soutenons résolument les expériences révolutionnaires bolivariennes et la résistance héroïque du peuple cubain véritable bastion de résistance anti-impérialiste génocidaire et antifasciste dans lesquelles nos camarades communistes ont pris toute leur place, aux côtés des militants, des masses, des classes, des peuples en lutte contre ce mouvement mortifère, face à une bête blessée impérialiste de plus en plus agressive et capable de tout. L’avenir est de notre côté, pas du leur !

Hasta la Victoria, siempre ! Venceremos !

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