La journée de grève et de mobilisation du jeudi 5 novembre a été marquée par plusieurs mobilisations dans toute la France. Selon les chiffres des syndicats et des autorités, 1,6 million de manifestants ont occupé les rues du pays, dont 350 000 à Paris. En Alsace, d’après la CGT, 25 000 personnes à Strasbourg, 2000 personnes à Mulhouse et 200 personnes à Colmar. Une manifestation massive dans la contestation, n’est pas un simple accident, il est l’expression directe de l’aggravation de la crise structurelle du capitalisme et de la précarité des conditions de vie imposées au prolétariat (ou peuple) et à la jeunesse.
La répression systématique de l’État bourgeois a répondu à la colère légitime des masses par la matraque, le gaz et les verbalisations. La répression policière s’est encore une fois abattue sur les cortèges. Cette violence d’État n’est pas un simple débordement, elle est l’essence même de l’appareil répressif de la bourgeoisie, dont la fonction première est de protéger les intérêts du capital et de briser par la force toute tentative d’émancipation populaire. A Strasbourg, la préfecture a réquisitionné les bus de la CTS pour embarquer des manifestants par cars entiers. Nous condamnons fermement cette répression et nous appelons à l’organisation dans tous les secteurs, quartiers, lieux de travail, où c’est possible.
Face à l’inflation et à la dégradation continue des infrastructures publiques (écoles, hôpitaux, universités), le gouvernement de Macron transfère systématiquement le poids de la crise économique sur les épaules des travailleurs et travailleuses. La rue est devenue le seul espace d’expression pour des masses qui n’ont plus rien à perdre.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé la tenue d’une « conférence sociale » à Matignon ce lundi, réunissant syndicats et patronat. Nous ne tombons pas dans le piège, cette « conférence » est une manœuvre classique de la bourgeoisie pour canaliser la colère dans les couloirs du pouvoir et désarmer la lutte. L’objectif de l’État est de chercher un « compromis » avec la bureaucratie syndicale pour sauver le système et garantir la paix sociale nécessaire aux profits. Le prolétariat ne doit placer aucune illusion dans les promesses du gouvernement Macron ni dans les négociations de classe qui ne visent qu’à amortir les contradictions du capital.
Face à un gouvernement qui ne répond aux crises que par l’austérité et la répression, nous n’avons pas confiance dans l’État bourgeois et ses soi-disant « conférences sociales ».
La jeunesse seule ne peut renverser le capitalisme. Il est de la responsabilité des communistes de travailler pour que cette énergie de la jeunesse se lie indissolublement à la classe ouvrière dans son ensemble, dans les entreprises et les lieux de production, seule force matérielle capable d’imposer une rupture avec le capital avec une grève générale.
Pendant que le gouvernement prétend ne pas avoir de moyens de répondre aux exigences des travailleurs et travailleuses, des chômeurs et chômeuses, de la jeunesse et des retraités, il accélère la marche à la guerre. Le budget militaire ne cesse d’augmenter, atteignant désormais des sommets historiques dépassant les 60 milliards d’euros. Cet argent est détourné pour financer l’impérialisme et les profits des marchands de canons, au lieu de sauver nos hôpitaux, nos écoles, nos universités et nos retraites. La demande principale de toutes les manifestations est claire : des moyens massifs et immédiats pour les services publics.
Face à cette politique de guerre sociale et de militarisation, l’URC Alsace appelle toutes et tous à se rassembler le 11 novembre à 14h, avant de manifester Place de la République à Strasbourg pour la paix et contre l’économie de guerre.


