Sommet France-Afrique de Nairobi des 11 et 12 mai 2026 : L’impérialisme français cherche à se reconfigurer en Afrique
Alors que le Kenya est traversé depuis plus d’un an par une vague de mécontentement de masse, la France a décidé de tenir les 11 et 12 mai son premier sommet franco-africain dans l’ex- « perle de la couronne britannique en Afrique ». Deux raisons expliquent ce déplacement géostratégique des appétits de Paris. D’une part, le néocolonialisme français se heurte à des résistances trop importantes dans son ex-pré-carré du Sahel et d’Afrique occidentale et centrale, avec l’AES composé de trois pays (Mali, Niger et Burkina Faso) où le pouvoir cherche à se départir de l’emprise françafricaine. D’autre part, il s’engage à jouer le rôle « d’allié indispensable » pour l’implantation de l’OTAN dans la vaste zone que l’impérialisme US a circonscrit et défini sous le nom d’« Indo-Pacifique ».
Pour la France, puissance impérialiste en déclin mais toujours bien présent, il s’agit de démontrer qu’elle est indispensable à toute politique du bloc impérialiste le long de l’axe qu’elle contrôle historiquement : Djibouti – Mayotte – îles éparses – Réunion – Kanaky – Wallis et Futuna – Polynésie – Clipperton. C’est ce projet qui explique déjà la présence française en mer de Chine méridionale.
Dans ce contexte, le Kenya qui borde l’Océan indien inaugure en Afrique la « politique mondiale » du président Macron, « en même temps » qu’il tente de préserver sa présence en Afrique occidentale. Présence qui n’a produit depuis les années 1960 que régressions, répressions, terrorismes et migrations incontrôlées en République centrafricaine, en Libye, au Mali et ailleurs.
En prétendant innover, le gouvernement français élargit en Afrique orientale son champ d’intervention pour se rendre utile au bloc impérialiste. Le Kenya est déjà le premier client des produits français en Afrique anglophone et ce sommet fait suite aux accords léonins de coopération économique et militaire qui permettront de déployer des soldats français sur le territoire kenyan. L’objectif est d’intervenir en Somalie sous prétexte de combattre le terrorisme (alors qu’il le soutient au Mali dans le même temps!) et de sécuriser au profit de l’impérialisme le détroit de Bab el Mandeb et la mer Rouge.
La présence militaire française facilitera la répression menée par le gouvernement kenyan contre son peuple, comme le montrent les massacres qui ont suivi les vagues de mobilisations populaires opposées au « Finance Bill » imposé à Nairobi par le FMI, avec en particulier l’arrestation récente brutale et illégale du secrétaire général du Parti communiste kenyan marxiste Booker Omole.
Face à ces manœuvres, les organisations africaines réunissent un contre-sommet : le « Sommet panafricain contre l’impérialisme » (PASAI) dont l’objectif est de s’opposer au sommet France-Afrique.
En tant que communistes, nous dénonçons et combattons sans concession toute forme d’impérialisme, et surtout l’impérialisme français, celui du pays où nous vivons !
L’URC apporte son soutien inconditionnel au PASAI et condamnons avec la plus grande fermeté la répression au Kenya.
L’URC exige :
- les retrait immédiat de toutes les bases militaires françaises et de leurs troupes d’occupation
- l’abolition de franc CFA et la rupture des accords léonins de “coopération”
- la dissolution des institutions financières impérialistes qui organisent le pillage des richesses africaines
- la fin de la colonisation et la reconnaissance du droit à l’autodétermination de Mayotte, des îles Eparses, de la Réunion, de la Kanaky, de Wallis-et-Futuna et de la Polynésie française
Soutien total aux résistances des peuples contre l’impérialisme barbare prédateur, criminel et guerrier ! France hors d’Afrique !
Lien vers la brochure : Sommet France-Afrique de Nairobi


