Hommage au camarade Jihad Wachill (1977-2026)

Jihad Wachill

Un grand militant vient de nous quitter, et toutes celles et ceux qui l’ont connu, qui l’ont fréquenté en réunions, manifestations, et conférences diverses, qui ont écouté ses prises de parole ou lu ses innombrables contributions sont bouleversés par cette disparition subite, à un âge si jeune – il n’avait pas encore atteint la cinquantaine.

Du Mouvement de la Paix dont il était le Président du Conseil francilien,
De la section Paris 19ème du PCF à laquelle il continuait d’appartenir,
Du PRCF où il milita, en particulier dans son secteur international,
De l’OCF où il avait gardé des amitiés,
De l’ARAC dont il était membre du Conseil National,
De Droit et Solidarité, antenne de l’association internationale des Juristes Démocrates dont il fut militant,
De la CGT (où il mena récemment un combat contre l’infiltration d’extrême-droite, non sans en payer, hélas, les conséquences),
De l’UJFP (qui accueille aussi des non-juifs) dont il était adhérent à Paris,
De la LDH, de la Libre Pensée, de LFI, etc…

De partout les hommages ne cessent d’affluer depuis ce triste mardi 7 juillet, rendant compte de son engagement indéfectible dans les combats de notre classe, de notre camp social et politique : combat pour la Palestine bien sûr, combat antiimpérialiste en général, combat pour la Paix fondamentalement. Tout récemment encore, il y a moins de 2 semaines, il était encore orateur au meeting international pour la Paix organisé par l’UD CGT 78.

Né à Beyrouth, d’une mère libanaise et d’un père franco-mauricien qui s’était engagé corps et âme pour la cause palestinienne au point de devenir cadre du Département de l’information extérieure de l’OLP, Jihad a connu enfant la guerre civile libanaise mais aussi la Palestine. Il était profondément antisioniste, soutien résolu de la lutte de libération nationale palestinienne, cause qu’il a toujours inséré dans la lutte globale contre le système impérialiste. Il ne négligeait aucun des maillons de la chaîne impérialiste, mais son activité était très tournée, ces derniers temps, contre l’ogre états-unien. Dans son intervention liminaire à une soirée-débat organisée par le Mouvement de la Paix le 9 juin dernier sur « les USA, principale menace pour la Paix dans le monde ? », il notait :

« Le fait que les sanctions économiques US aient à elles seules provoqué dans le monde en cinquante ans 28 millions de morts, entre 1971 et 2021, selon une estimation du magazine scientifique US The Lancet (soit plus d’un demi-million par an sur cette période) ne semble pas émouvoir outre mesure : ces morts-là ne comptent manifestement pas ou peu dans la balance des indignations à géométrie variable européennes. »

Il avait toujours l’art de mettre ainsi en lumière des faits peu suffisamment connus et beaucoup de ses écrits, discours, introductions à des débats, toujours éclairants, mériteraient d’être publiés.

Il était proche de l’URC. Non seulement parce qu’il y avait des relations amicales et politiques qui dataient de plus de 25 ans, forgées dans des combats communs, d’une part contre le réformisme syndical (à l’UNEF d’abord, contre sa liquidation dans l’UNEF-ID), d’autre part contre le réformisme galopant au sein du PCF (contre la mutation huiste et ses suites, qui l’avait amené très jeune à rechercher les chemins de la contestation – ce n’est pas par hasard qu’il fut assistant parlementaire de Maxime Gremetz) ; des années plus tard, en 2018, dans la phase de préparation du 38ème congrès du PCF, il avait tenté, avec nombre de militants qui sont aujourd’hui à l’URC, de diffuser une contribution interne originale qui prônait une analyse marxiste-léniniste de l’actualité, loin des clichés « identitaires » du rousselisme.

Proche de l’URC, il l’était aussi parce qu’il approuvait fondamentalement notre volonté d’union sans sectarisme pour reconstruire sur des bases claires et solides une organisation révolutionnaire, anti-impérialiste, offrant une perspective au peuple de France et aux peuples opprimés par l’impérialisme français. Mais il se vivait encore pour l’heure en « compagnon de route », investi en particulier dans une mission qu’il jugeait d’importance : développer le Mouvement de la Paix. Mais pour lui ce n’était pas une question d’étiquette, il avait bien conscience de la nécessité de travailler à unir les structures qui peuvent avoir des objectifs similaires et qui pourtant trop souvent s’ignorent, il voulait développer un réel « mouvement de la paix ». C’est pourquoi il avait accueilli avec enthousiasme la pétition initiée par l’URC « NON À L’ÉCONOMIE DE GUERRE ET À LA MILITARISATION DE LA SOCIÉTÉ ! », qui réunit aujourd’hui plus de 80 organisations et 10 000 signataires et il se désolait qu’elle ne perce davantage pour l’instant.

Au revoir camarade Jihad, ton engagement militant, trop court, n’aura pas été vain. Tu as semé des graines, tu as contribué à développer le mouvement social et politique de résistance au capitalisme-impérialisme.

L’URC incline le drapeau rouge en ta mémoire.

Retour en haut