Femmes résistantes et révolutionnaires

Redécouvrez les parcours de douze femmes résistantes et révolutionnaires. Des tranchées de la Seconde Guerre mondiale aux maquis anti-coloniaux, des piquets de grève aux luttes pour les droits des peuples autochtones, des femmes se sont dressées contre le capitalisme, l’impérialisme et le patriarcat. Syndicalistes, tireuses d’élite, philosophes ou combattantes de la libération nationale, elles ont fait trembler l’ordre établi.

Lyudmila Pavlichenko

(1913 – 1974)

« Aujourd’hui, on me regarde un peu comme une curiosité, un sujet de manchettes de journaux, d’anecdotes. En Union soviétique, on me considère comme une citoyenne, une combattante, un soldat pour mon pays »

Née en Ukraine le 12 juillet 1916, Lyudmila Pavlichenko a fait ses études à l’université de Kiev, où elle passait son temps libre à s’entraîner dans une école militaire de tireurs d’élite. A 24 ans, Lyudmila s’engage dans l’Armée rouge. Elle est affectée à la 25e division de fusiliers (tireurs d’élite). Au cours du seul siège d’Odessa, Lyudmila réussit à tuer 187 ennemis.

En 1942, le nombre total de ses victimes confirmées s’élève à 309, ce qui lui vaut le surnom de « Lady Death« . Ce succès lui a valu une large reconnaissance non seulement en URSS, où elle a reçu la médaille de « Héros de l’Union soviétique », mais aussi à l’Ouest, notamment aux USA, où elle a été invitée par le Président Roosevelt. Lors de sa longue tournée en Occident, elle fait une célèbre déclaration dans laquelle elle comparait l’image que les gens avaient d’elle en Occident avec celle qu’elle avait en l’URSS. Après la guerre, elle achève ses études à l’Université de Kiev et commence une carrière d’historienne. Lyudmila Pavlichenko meurt d’un AVC, à 58 ans, le 10 octobre 1974 à Moscou.

Combattante, Lyudmila Pavlichenko compte parmi les nombreuses femmes qui ont joué un rôle vital, mais bien souvent oublié, dans la défaite du fascisme.

Mother Jones

(1837 – 1930)

« Je ne suis pas une dame, je suis une agitatrice ! »

Femmes Mother Jones

Mary G. Harris Jones est une militante syndicale d’origine irlandaise, immigrée aux Etats Unis. Elle contribue en 1905, à 68 ans, à la fondation des «Industrial Workers of the World» et adhère au Parti socialiste d’Amérique. Elle organise des cours d’éducation politique pour les syndicalistes et participe à une marche de chômeurs à Washington) en 1894. Multipliant les engagements et usant d’un certain talent oratoire virulent lors de meetings, elle se fait appeler «Mother Jones», la mère de la classe ouvrière américaine.

Le 13 février 1913, âgée de 82 ans, elle est arrêtée en Virginie-Occidentale après l’instauration de la loi martiale pour réprimer une grève des mineurs de charbon. Elle est accusée d’incitation à l’émeute – apparemment pour avoir tenté de lire la Déclaration d’indépendance – et de conspiration en vue de commettre un meurtre. Jugée et reconnue coupable par un tribunal militaire, elle a été condamnée à 20 ans de prison. Jones a déclaré : «Tout ce que j’ai fait en Virginie-Occidentale, je l’ai fait dans tous les États-Unis. Et quand je sortirai, je le referai». Elle a été libérée et graciée après avoir purgé 85 jours, bien qu’elle ait contracté une pneumonie en prison.

femmes Betsabe Espinal

Betsabe Espinal

(1896 – 1932)

« Cela ne peut plus durer, les filles. Nous devons mettre un terme à cette pratique qui porte atteinte à notre vie privée. Notre coupe est pleine. Plus de filles, plus de filles. Unissons-nous ! »

Le 12 février 1920, la première grève organisée par des femmes en Colombie a eu lieu dans l’usine textile de Bello, banlieue de Medellin.

Environ 400 femmes ont débrayé pour réclamer l’égalité de rémunération avec les hommes, la fin du harcèlement sexuel par les cadres, l’abolition des amendes pour les congés de maladie, la réduction de la surveillance et des fouilles des ouvriers et le versement des salaires directement aux travailleuses, plutôt qu’à leur père ou à leur mari. La plupart des travailleurs masculins de l’usine ont quitté les piquets tandis que la police tentait de briser la grève. Mais les femmes ont tenu bon. Elles ont bénéficié d’un large soutien de l’opinion publique et ont reçu des dons de travailleurs.

Finalement, le 4 mars, les femmes ont gagné sur bon nombre de leurs revendications, notamment : augmentation des salaire de 40 %, réduction du temps de travail, amélioration de la sécurité, le droit de travailler avec des chaussures !, l’abolition des amendes et le licenciement d’un certain nombre de directeurs abusifs. Parmi les principales organisatrices il y avait Betsabé Espinal.

Kanno Sugako

(1881 – 1911)

« Mes pauvres amis, mes pauvres compagnons ! Plus de la moitié d’entre eux étaient d’innocents témoins ayant été impliqués dans les actions de cinq ou six d’entre nous. Juste parce qu’ils nous fréquentaient, ils sont maintenant sur le point d’être sacrifiés de cette monstrueuse manière. Simplement parce qu’ils sont anarchistes. »

femmes kanno sugako

Kanno Sugako est une féministe anarchiste japonaise.

Elle est l’une des premières femmes journalistes et militante de la liberté et de l’égalité des droits entre les hommes et les femmes au Japon.

Violée à l’âge de quinze ans, elle découvre le socialisme pour la première fois en lisant un essai sur les victimes d’abus sexuels.

Elle est auteure prolifique de fictions et d’essais et également d’une série d’articles sur l’oppression des genres.

Inspirée par Sofia Perovskaia, elle est accusée d’avoir participé à un complot visant à assassiner l’empereur Meiji et condamnée à mort ainsi que 23 anarchistes pour la plupart innocents.

Sur ses co-condamnés, douze voient leur peine commuée en prison à vie ; les autres sont exécutés le 24 janvier 1911. Kanno est pendue seule le 25 janvier 1911 dans la prison d’Ichigaya à Tokyo.

femmes Lucy Parsons

Lucy Parsons

(1851 – 1942)

« Ma conception de la grève du futur ne consiste pas à faire la grève, à partir et à se laisser mourir de faim, mais à faire la grève, rester là et s’approprier la production »

Lucy Parsons est une syndicaliste libertaire de l’Industrial Workers of the World (IWW) , ayant participé à sa fondation. Elle est  socialiste radicale et anarcho-communiste connue surtout pour ses discours. Née esclave au Texas, elle s’implique en politique après son mariage avec Albert Parsons. Elle participe à la fondation d’Industrial Workers of the World et organise plusieurs grèves de couturières.

Le 17 janvier 1915, elle mène une marche contre la faim et le chômage à Chicago. La police attaque une foule de 1500 chômeurs et de leurs enfants, ouvrant le feu à balles réelles et matraquant les marcheurs.

La foule tente de se défendre et 21 manifestants ont été arrêtés, dont Parsons. (C’est au cours de cette manifestation que le célèbre hymne syndical «Solidarity Forever» a été composé).

Vers 1887, Lucy Parsons commence à écrire pour le journal anarchiste français Les Temps nouveaux. Elle se rend au Royaume-Uni en 1888 et y fait des discours aux côtés de William Morris et de Pierre Kropotkine. En 1892, elle édite brièvement le mensuel Freedom: A Revolutionary Anarchist-Communist Monthly. Elle est arrêtée à de nombreuses reprises pour ses discours et sa distribution de littérature anarchiste.

Dolores Cacuango

(1881 – 1971)

« Nous sommes comme les grains de quinoa : si nous sommes seuls, le vent nous emmène loin, mais si nous sommes unis dans un sac, le vent ne peut rien faire, il nous balancera, mais il ne nous fera pas tomber »

Femmes Dolores Cacuango

Elle fut une figure clé dans la lutte indigène qui conduisit à la loi de réforme agraire en Équateur, promulguée en octobre 1973. Elle avait également promu la fondation d’écoles bilingues ; en 1945, elle fonda la première école de ce type en Équateur, qui enseignait à la fois en kichwa et en espagnol.

Dolores Cacuango a pris part aux mouvements des sans-terre et des indigènes, a défendu avec force les droits des femmes et a fait campagne contre les abus sexuels endémiques des femmes indigènes par les patrons des haciendas, devenant célèbre pour ses discours enflammés en espagnol et en kichwa. Elle est devenue le leader des revendications des travailleurs agricoles du canton de Cayambe. Elle a mis en place les premiers syndicats agricoles, puis a cofondé la Fédération indigène équatorienne en 1944. Elle a participé à divers soulèvements et grèves, et est devenue une membre éminent du parti communiste.

Dolores Cacuango était également catégorique au sujet de l’éducation pour les peuples autochtones. Elle a vu à quel point son peuple était facilement et cruellement trompé par son manque d’éducation, alors elle a fondé la première école autochtone autonome en Équateur. Cette première école a été créée à Yanahuayco en 1945 et des cours ont été donnés dans la langue maternelle, le kichwa, et en espagnol. Le projet a été étendu à d’autres localités, comme Chimba, Pesillo et Moyurco, où le mouvement autochtone était très présent.

femmes Fatima Ahmed Ibrahim

Fatima Ahmed Ibrahim

(1932 – 2017)

« Notre première revendication a été de demander des droits politiques pour la femme car nous pensions – avec raison – que tout découlerait de là, confie-t-elle dans l’Humanité. Au nom du Coran, on nous les refusait. Alors, on a décidé d’apprendre l’Islam pour montrer aux fondamentalistes que cette religion ne contenait pas l’exploitation de la femme. »

Fatima est une militante des droits des femmes et leader socialiste soudanaise. Elle est considérée comme l’une des plus grandes féministes arabes du XXe siècle.

Elle fut la première femme dans le monde arabe à être élue parlementaire. Militante jusqu’à la moelle, cette Soudanaise pleinement acquise aux principes du communisme, a consacré sa vie à la défense des droits des femmes dans son pays. D’ailleurs, son rôle fut indéniable dans l’adoption de plusieurs lois consacrant la position de la femme dans la société soudanaise et ce, depuis 1967 ; notamment l’égalité des salaires, le congé de maternité, le droit à la retraite, l’accès aux postes de la justice et de la police, entre autres.

«L’émancipation ne signifie pas se débarrasser de nos bonnes traditions et valeurs nationales, ou pour nous les femmes soudanaises devenir une autre copie de la femme occidentale. C’est l’émancipation de l’analphabétisme, du retard, de la maladie, du chômage, de la pauvreté et de la discrimination dans le foyer et dans la société ; l’égalité ne signifie pas que les femmes soudanaises deviennent une autre copie de l’homme.

Cela signifie que les femmes doivent être totalement égales aux hommes en matière de droits et de prise de décision à tous les niveaux; les hommes, en tant qu’homme, ne sont pas responsables de la discrimination contre les femmes. La plupart d’entre eux sont également exploités et discriminés. À cette fin, les femmes et les hommes devraient travailler ensemble pour apporter des changements sociaux qui préservent la démocratie, fondée sur la justice sociale et les droits de l’homme.» Citation tirée d’un article de Magdi el Gizouli publié sur le site internet Soudan Tribune.

Muthoni wa Kirima

(1931 – 2023)

« À ce jour, le pays est entre les mains de collaborateurs qui ne se préoccupent que de leur richesse et non de l’intérêt des masses. Tout ce qu’ils possèdent aujourd’hui, c’est parce que nous nous sommes battus pour cela. C’est triste que beaucoup d’entre nous soient morts ou vivent dans des états déplorables.»

femmes Muthoni wa Kirima

Muthoni wa Kirima était une combattante de haut rang dans le mouvement de libération du Kenya The Mau Mau ou Land Freedom Army dans les années 1950. Elle est la seule femme qui aurait reçu le grade de maréchal Mau Mau.

Son expérience de la violence raciale entre les colons kényans et les Kikuyu est venue quand elle travaillait, à l’âge de 8 ans à la ferme d’un colon blanc. Au cours de cette période de sa vie, elle a été témoin d’abus verbaux et émotionnels, de violences physiques envers les hommes kikuyu et de violences sexuelles envers les femmes kikuyu. Elle a tenu le serment des Mau Mau en 1952. Kirima a d’abord travaillé comme espionne avant de rejoindre les combattants de la forêt en 1953.

Elle décida alors de ne pas se couper les cheveux jusqu’à ce que l’indépendance soit totale. Elle portait des dreadlocks, un symbole de liberté en Afrique. Rapidement, il devint évident qu’elle était une véritable tireuse d’élite, meilleure que beaucoup d’hommes. Muthoni s’est également distinguée par sa rapidité d’esprit sous pression et ses excellentes capacités d’organisation. Elle a été placée à la tête de son propre peloton de soldats. Elle est devenue la première femme officier dans les Mau Mau et était surnommée «Nyona Wa Thonjo» (le passereau tisserin), en raison de sa capacité à se sortir de toute situation dangereuse. Elle a atteint le statut de maréchal.

La rébellion des Mau Mau a pris fin en 1960 et, trois ans plus tard, le Kenya a obtenu son indépendance. Le nouveau gouvernement criminalisa les Mau Mau. C’est ce qu’on appelle au Kenya «la trahison». Avec un petit groupe de soldats, Muthoni resta dans la forêt. Jusqu’à ce que l’armée kenyane nouvellement formée les oblige à se rendre. Comme de nombreux guérilleros Muthoni se retrouvèrent sans argent et sans maison pour vivre. Pourtant, Muthoni refusa de se couper les cheveux, pour elle, la lutte n’était pas terminée.

Simone Weil

(1909 – 1943)

« L’obéissance à un homme dont l’autorité n’est pas illuminée de légitimité, c’est un cauchemar »

Simone Weil était une philosophe, mystique et radicale. Elle a écrit des dizaines d’essais sur la religion, la mystique, la politique, la philosophie, les questions sociales notamment. Radicalisée dès son plus jeune âge, Weil a soutenu les luttes ouvrières pendant des décennies. En 1936, malgré son pacifisme, elle se rend en Espagne pour soutenir la révolution. Elle rejoint finalement la colonne anarchiste Durruti.

En 1942, elle se rend à Londres pour rejoindre la Résistance française contre l’occupation allemande. Elle meurt de la tuberculose en 1943, à l’âge de 34 ans, surmenée et ayant refusé de manger plus que la ration officielle.

Ses idées avant-gardistes continuent d’informer et d’éclairer aujourd’hui.

Jeanne Labourbe

(1877-1919)

Institutrice française tuée à Odessa

La 1ère communiste française est la fille d’un journalier aux idées républicaines avancées, peut-être même ancien communard. En 1896, la jeune fille de 19 ans, repasseuse de son état, tombe sur une annonce réclamant les services d’une gouvernante en Pologne (alors rayée de la carte). Elle se rend sur place – dans l’empire russe –, exécute des travaux ménagers tout en apprenant le français aux enfants de ses employeurs. Elle se lie avec la famille d’un déporté politique, s’initie à la question sociale et devient courrier au service de la révolution qui fermente. En 1905, elle se jette dans la mêlée libératrice amenée à échouer. Elle change de prénom. Voici désormais « l’institutrice Jeanne Labourbe », comme elle ne cessera plus d’être désignée.

André Marty raconte comment Jeanne Labourbe se retrouve à Odessa :

Elle était frémissante quand elle apprit que les soldats français avaient débarqué à Odessa. Elle ne pouvait supporter l’idée, disait-elle, que « les fils des communards de 71, les descendants des révolutionnaires de 93, viennent étouffer la grande révolution russe. » […] Elle obtint du Comité central du Parti d’être envoyée à Odessa. Elle y arriva en traversant le front.

Elle se jeta dans l’action avec sa foi, son enthousiasme. Elle remaniait la rédaction des tracts, des journaux, trouvant toujours qu’ils n’étaient pas assez vivants, qu’ils n’accrochaient pas assez le cœur des soldats … »

Dans la nuit du 1er au 2 mars 1919, rue Pouchkinskaïa, l’appartement où elle se trouve avec d’autres militants est pris d’assaut par des officiers russes blancs et français. Arrêtés, torturés, ils sont exécutés au cimetière juif. Jeanne Labourbe n’est identifiée que par ses cheveux courts et son vieux paletot.

femmes Leila Khaled

Leila Khaled

(1881 – 1971)

« Là où il y a de la répression, il y a de la  résistance »

Leila Khaled est née à Haïfa en 1944, à l’époque du mandat britannique. Pendant la guerre de 1948, elle s’est déplacée avec sa famille vers les camps de réfugiés dans la région de Saïda, au Liban.

En 1959, à l’âge de 15 ans, elle rejoint avec son frère le Mouvement des nationalistes arabes, dont l’un des principaux dirigeants était George Habache, qui fondera le Front populaire de libération de la Palestine à la fin de l’année 1967. Elle s’est inscrite à l’Université américaine de Beyrouth pendant un an, mais sa famille n’a pas pu couvrir les frais de la poursuite de ses études. Elle a alors travaillé comme enseignante au Koweït jusqu’en 1969.

Leila Khaled est considérée comme l’une des figures marquantes de l’histoire de la résistance palestinienne. Leila Khaled s’est fait connaître par les opérations qu’elle a menées en 1969 et 1970, visant à porter la lutte palestinienne sur la scène internationale. Parmi les plus marquantes figurent le détournement d’avion lié à l’opération de Dawson’s Field et l’opération du vol 840, qui visait un avion américain lors d’un trajet reliant Los Angeles à la Palestine occupée. Elle est ainsi devenue un symbole de la lutte de résistance palestinienne.

Elle occupe un poste de direction au sein du bureau politique du Front populaire. Elle est mère de deux enfants et vit aujourd’hui dans la capitale jordanienne, Amman.

Djamila Bouhired

(1935 -)

« Je sais que vous me condamnerez à mort, mais vous ne pourrez empêcher l’Algérie de devenir libre et indépendante.»

Djamila Bouhired

Djamila Bouhired : une combattante de la libération nationale et de la lutte anti-impérialiste. Elle est l’une des figures les plus emblématiques de la Révolution algérienne. En novembre 1956, elle rejoint le Front de libération nationale (FLN) et prend part à la bataille d’Alger, au moment où la lutte contre le colonialisme français s’étend des maquis aux centres urbains. Chargée de missions de liaison au sein de la résistance, elle participe à l’organisation clandestine de la lutte pour l’indépendance de son peuple, aux côtés de nombreux autres combattants et combattantes.

Le 9 avril 1957, elle est arrêtée par l’armée coloniale française après avoir été blessée par balle. Malgré ses graves blessures, elle permet à ses camarades de s’échapper avant d’être capturée. Durant dix-sept jours, elle est soumise à des interrogatoires et à des tortures d’une extrême violence : passages à tabac, décharges électriques, humiliations et sévices. Malgré ces traitements, elle refuse de livrer la moindre information sur ses compagnons de lutte ou sur l’organisation de la résistance.

Condamnée à mort en 1957, Djamila Bouhired devient rapidement un symbole international de la lutte du peuple algérien contre le colonialisme. Une vaste campagne de solidarité se développe dans de nombreux pays, dénonçant les crimes du système colonial français et exigeant l’annulation de son exécution. Face à cette mobilisation internationale, sa condamnation est commuée en réclusion à perpétuité. Elle ne retrouvera la liberté qu’après la victoire du peuple algérien et la proclamation de l’indépendance, le 5 juillet 1962.

Le parcours de Djamila Bouhired rappelle le rôle décisif joué par les femmes dans les luttes de libération nationale. Son engagement témoigne de la capacité des femmes à prendre toute leur place dans le combat révolutionnaire, non comme simples soutiens mais comme actrices de premier plan. Son histoire demeure celle d’une militante qui a affronté la répression coloniale sans renoncer à ses convictions.

À travers son combat, Djamila Bouhired incarne la résistance des peuples face à la domination impérialiste, le droit des nations à disposer d’elles-mêmes et la solidarité internationale avec les peuples en lutte. Son nom reste aujourd’hui associé à la lutte anti-impérialiste et à la victoire du peuple algérien contre le colonialisme.

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