Deux anniversaires… et l’urgence communiste face à la fascisation
“Ce 26 juillet ne fut pour nous qu’un instant où, alors qu’il semblait qu’une lutte s’achevait, alors qu’il semblait qu’un effort arrivait à son terme pour engager la bataille de la libération de notre peuple, ce n’était pas la fin, mais le commencement.”
Fidel Castro Ruz, 26 juillet 1960
Les mois de juillet et d’août revêtent une importance particulière avec deux dates : le 26 juillet et le 13 août prochain. Le 26 juillet commémore l’assaut de la caserne de la Moncada en 1953, événement fondateur marquant le début de la révolution cubaine, devenu le “Jour de la rébellion nationale” – fête nationale de Cuba -, tandis que le 13 août sera consacré à la commémoration du centenaire de la naissance de Fidel Castro.
Aujourd’hui, l’héritage de Moncada et la figure de Fidel nous interpellent avec une urgence vitale, nous obligeant à poser un regard communiste sur la situation actuelle en France et dans le monde, face à la montée de l’extrême droite et au processus de fascisation de nos sociétés.
Fidel et le 26 juillet : la preuve par l’action, début de la révolution
L’assaut de Moncada n’était pas une simple opération militaire. C’était un acte politique, la démonstration qu’une avant-garde, organisée et déterminée, pouvait s’attaquer au cœur de l’appareil répressif de l’État bourgeois et de l’impérialisme.
Bien que militairement défaite, cette action a posé les bases historiques et pratiques de la Révolution cubaine. Fidel Castro, dont nous célébrons cette année les 100 ans, a incarné pendant un demi-siècle cette capacité de rupture. Sous sa direction, Cuba a prouvé qu’il était possible de vaincre l’impérialisme étasunien à ses portes, de bâtir une société socialiste, de garantir l’éducation et la santé pour tous, et de mener un internationalisme prolétarien partout le monde, de l’Angola à Caracas. Fidel, c’est la preuve vivante que l’Histoire n’est pas figée et que le rapport de force peut être inversé par la lutte révolutionnaire.
L’impérialisme en décomposition et la menace fasciste
Aujourd’hui, le monde traverse une période de turbulences historiques. Le système capitaliste impérialiste, rongé par ses contradictions internes, la baisse tendancielle de son taux de profit et la suraccumulation du capital, entre dans une phase de crises avancée. Pour tenter de maintenir son taux de profit et faire payer sa crise aux travailleurs, la bourgeoisie doit intensifier l’exploitation et la guerre.
Face à la montée des luttes sociales et à la perte de son hégémonie idéologique, la bourgeoisie française et internationale abandonne progressivement le masque de la « démocratie bourgeoise ». En France, comme dans de nombreux pays d’Europe et du monde, nous assistons à une montée d’extrême droite, à un racisme d’État, à un durcissement policier et à une régression sociale.
La fascisation de la France n’est pas une simple dérive ou un accident démocratique. C’est l’ultime recours d’un capitalisme en faillite, utilisé pour écraser les travailleurs et travailleuses pour les soumettre.
Que nous enseigne le 26 juillet 1953 pour la lutte des classes en France en 2026 ?
La nécessité du Parti d’avant-garde : la classe ouvrière ne triomphera pas par la simple spontanéité. Il lui faut une organisation consciente, armée théoriquement par le marxisme-léninisme, capable de donner une direction stratégique à la colère populaire.
Le refus de la collaboration de classe : face à la fascisation, il n’y a pas de « front républicain » avec une bourgeoisie “modérée” qui en réalité lui pave la voie. La seule réponse valable est le front unique contre le fascisme et l’impérialisme, dans lequel le prolétariat doit diriger l’aile révolutionnaire.
L’objectif de la rupture révolutionnaire : le but n’est pas de gérer le capitalisme de façon « plus humaine » ou faire « la conciliation de classe », mais de le renverser. La lutte contre le fascisme est indissociable de la lutte pour le socialisme. On ne vaincra pas définitivement l’extrême droite tant que persistera le système capitaliste qui la génère.
En ce centenaire de la naissance de Fidel et en cet anniversaire du 26 juillet, le meilleur hommage que nous puissions rendre à Fidel et aux martyrs de Moncada n’est pas de regarder le passé avec nostalgie, mais de regarder l’actualité en face avec lucidité.
L’impérialisme et le fascisme sont les visages de la barbarie capitaliste parvenu à son stade ultime. Face à eux, le socialisme scientifique et la révolution sont les seules issues. Aux communistes de France et du monde de saisir l’urgence historique, de s’armer théoriquement, de s’ancrer dans les luttes populaires et de préparer les conditions de la victoire!