SOUTIEN À L’ARABIE SAOUDITE ET PRIX DU CARBURANT : LA GRANDE ARNAQUE

Le jeudi 24 septembre, Emmanuel Macron annonçait à la télévision que la France enverrait « des soldats, des radars et des systèmes de défense » à l’Arabie Saoudite pour protéger le terminal pétrolier de Yanbu, visé par des attaques d’Ansar Allah (les « Houthis »). Ces attaques font suite à la récente avancée des Houthis au Yémen sur le littoral de la mer Rouge, notamment à Mokha, sur les îles Hanish et l’île de Périm au coeur du détroit de Bal el-Mandeb et à diverses attaques sur le territoire saoudien, en réponse au bombardement des aéroports de Sanaa et Hodeidah par l’aviation saoudienne.

L’objectif annoncé de cette aide militaire apportée à la monarchie absolue saoudienne dans sa longue guerre d’agression contre les Houthis : sécuriser l’acheminement et l’approvisionnement en pétrole des puissances occidentales, mis en péril par le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran et du détroit de Bab el-Mandeb par les Houthis.

Après avoir pendant des années alimenté discrètement en armes la monarchie saoudienne contre les Houthis et soutenu et aidé Israël dans son génocide contre le peuple palestinien et sa guerre contre l’Iran, l’Etat français assume désormais ouvertement l’objectif de cette « économie de guerre » qu’il cherche à imposer à la population en augmentant drastiquement les budgets de « la défense » : récupérer le contrôle des ressources de l’ensemble de la planète face à la résistance de plus en plus déterminée des peuples opprimés. 

La décision française survient au moment où les Etats-Unis sont contraints par le rapport des forces de « lâcher » leur allié saoudien. Le mouvement Ansar Allah a effectivement avertit que toute aide états-unienne à l’Arabie Saoudite entrainerait une riposte sur les forces états-uniennes. Une nouvelle fois, la France se positionne en vassal de l’impérialisme hégémonique états-unien :  un partage du travail dans la poursuite d’un même but rapace et guerrier. 

Le principal prétexte avancé par Macron pour convaincre la population du bien-fondé de cette opération militaire au Moyen-Orient : empêcher le prix du carburant – qui a déjà atteint des sommets – d’augmenter encore.

Habile rhétorique pour présenter les intérêts des multinationales occidentales comme ceux de l’ensemble de la population. 

Habile manière aussi de désamorcer la crise sociale en cours et le « risque » de la relance d’un mouvement du type Gilets jaunes, avec l’appel à mobilisation le 17 octobre et dont le cœur est l’augmentation des prix de l’essence et la vie chère et dont le mouvement lycéen est un des prémices.

Mais ne soyons pas dupes : les « tensions géopolitiques » en cours sont le résultat des politiques prédatrices des puissances occidentales et de l’OTAN, dont la France fait partie. Ce sont elles qui ont attaqué l’Iran et provoqué le blocage du détroit d’Ormuz. Ce sont elles qui soutiennent et financent la permanence de l’entité sioniste en Asie occidentale et sa politique génocidaire. Ce sont elles qui soutiennent des monarchies absolues et néocoloniales en dépit des discours hypocrites sur les droits de l’homme et la démocratie.

De plus, l’essentiel de l’augmentation du prix du carburant en France résulte en réalité de l’opportunisme des marchés qui organisent la pénurie pour faire flamber les prix mondiaux, au grand bénéfice des spéculateurs en tout genre et des multinationales pétrolières. Ainsi, depuis un an, les bénéfices nets de Total Énergie ont augmenté de 72%, via l’augmentation des marges de raffinerie (qui ont été multipliée par 7,5 depuis le début de l’agression etats-unienne et israélienne de l’Iran). De plus, au lieu de bloquer prix des carburants et de baisser les taxes qui représentent près de 60% (TVA 20% , 67 à 69 centimes par litre pour gasoil, 59 à 60 centimes par litre pour essence) que paie directement le consommateur à la pompe, le gouvernement choisit de pomper les finances publiques pour aider la riche monarchie saoudienne.

L’Etat francais et le capital financier dont il est le chargé d’affaires cherchent à tout prix à nous convaincre du bien-fondé d’une politique de pillage, d’oppression et d’agression militaire active. Pour ce faire, tous les moyens sont bons. Ainsi, il n’hésite pas à imposer à tous les enfants scolarisés qu’ils participent, aux alentours du 11 novembre, à une commémoration nationale des « héros de la guerre », dont le seul objectif est d’inciter les plus jeunes à adhérer au projet guerrier qu’il nous impose. Et lorsque cette même jeunesse se soulève, l’Etat utilise ces mêmes armes qu’il fabrique pour tenter d’imposer son hégémonie à l’ensemble de la planète pour la réprimer. 

 « On croit mourir pour la nation. On meurt pour les industriels » disait Anatole France. Un siècle plus tard, c’est plus que jamais vrai, tout comme reste vrai le célèbre mot de Jean Jaurès : « le capitalisme apporte la guerre comme la nuée apporte l’orage » 

C’est pourquoi, ensemble, nous devons nous y opposer. 

Pas un sou, pas un soldat pour leurs guerres !

Retour en haut