La jeunesse se lève en masse contre un pouvoir et sa police… en Inde!

Une puissante mobilisation des jeunes, des travailleurs, des étudiants, en période électorale, face à une fascisation ouverte et une répression policière féroce de la part d’un appareil d’Etat complètement dépassé, sur fond d’islamophobie et de diabolisation de la “gen Z” et des militants progressistes en ce mois d’octobre : cela ressemble au mouvement social qui a lieu en ce moment en France, et pourtant c’est de l’Inde de de Narendra Modi qu’il s’agit !

Autour du “parti des cafards” (rassemblement quasi-spontané, ironiquement né en réaction au mépris du pouvoir vis-à-vis d’un peuple de “parasites” et “d’assistés”), les communistes font front avec les syndicats étudiants et d’autres formations d’opposition anti-Modi. Ils protestent contre une réforme électorale visant, sous des prétextes fallacieux, à rayer des listes des millions d’électeurs, en particulier dans les zones populaires et musulmanes, au profit du parti raciste hindutva BJP du président Modi. Celui-ci se trouve clairement déstabilisé par un déferlement de manifestations, pourtant parfois interdites, renforcées par les réseaux sociaux.

Crise mondiale du capitalisme oblige, les revendications démocratiques et antifascistes se doublent aujourd’hui de slogans contre le chômage et de revendications sociales semblables à celles qui animent nos mobilisations en France.

L’Inde est une puissance émergente qui joue notoirement sur plusieurs tableaux depuis des années avec pour objectif d’imposer une hégémonie régionale autour de l’Océan Indien. Soucieuse de s’affirmer face à la domination impérialiste euro-étasunienne, elle est une pièce majeure des BRICS avec la Chine et la Russie à l’échelle mondiale. Mais elle s’oppose à la Chine dans la lutte spécifique pour le leadership en Asie. Ainsi, dans le même temps, elle s’allie de plus en plus étroitement avec les représentants de l’impérialisme dominant , notamment dans le groupe “Quad” (avec les USA, l’Australie et le Japon). 

Ses liens, prudents vis-à-vis de la Russie, se renforcent en parallèle avec l’État génocidaire israélien. Etat avec lequel il partage une idéologie islamophobe de type suprématiste et fasciste : contre les couches populaires et en particulier contre les musulmans. 

Le rapprochement stratégique récent de l’Inde avec la France de Macron, en particulier dans le domaine militaire, illustre enfin ce processus commun de fascisation et de fuite en avant guerrière, dans le sillage anti-chinois des USA, puissance impérialiste qui reste hégémonique en matière militaire. Si les impérialistes en crise structurelle ne peuvent encore prétendre affronter directement la Chine, ils tentent de reconstruire étape par étape un front mondial dans cet objectif. Front dans lequel l’Inde serait un “proxy” de choix, une pièce maîtresse, directement frontalière et engagée contre le partenariat sino-pakistanais en particulier. 

Il est tout à fait logique que, là bas aussi, dans le contexte d’une accélération du double processus de fascisation et de marche à la guerre (indissociables actuellement), les questions sociales et démocratiques deviennent centrales pour les soulèvements populaires et la lutte des classes à l’échelle internationale. Les “zones de tempête”, pour reprendre la formule de Mao, ne peuvent que s’y multiplier, nous imposant une compréhension générale de ces luttes pour avancer et poser, là-bas comme ici, la question de la révolution contre un système à bout de course et dangereux.

L’internationalisme en action, c’est aussi de s’inspirer les uns des autres. A l’évidence, alors qu’un mouvement social très profond s’amplifie en France contre une Macronie arrogante et à bout de souffle, nous pouvons dire, comme nos frères “cafards” de New Delhi: “Arrêtez-en un aujourd’hui, ils seront vingt demain!”

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